Savez-vous ce qu’est l’US-CERT ? la CCN ? la NCSC ? Non ? Ce n’est pas grave, oubliez !
Car tous ces organismes ayant trait à la sécurité informatique aux États-Unis vont se fondre à des degrés divers dans un nouveau centre national de sécurité informatique, le NCCIC (National Cybersecurity and Communications Integration Center), destiné à repérer et contrer les attaques massives venues des pirates du cyber-espace, et que vient d’inaugurer Janet Napolitano, ministre américaine de la Sécurité Intérieure.
Le nouveau monstre (le centre, pas la ministre !) permettra à la fine fleur des grosses têtes numériques de contrôler en temps réel sur des écrans géants les attaques via internet, qui pourraient atteindre, détourner, voire anéantir, des pans entier du cyberespace américain, tant privé que public.
C’est pourquoi d’ailleurs on voit à cette occasion les secteurs gouvernementaux marcher la main dans la main avec des entreprises privées, impliquées es-qualité dans le projet.
Bien, me direz-vous, que l’on se donne les moyens d’empêcher quelques boutonneux vindicatifs de lancer leur boulettes virtuelles dans un domaine de plus en plus important, voire vital, quoi de plus normal ?
Certes. Mais deux choses (au moins) me chiffonnent. Tout d’abord, le constat. Pour en arriver à investir 1,5 milliards de dollars, et en faire un axe phare de la politique de M. Obama, on se doute qu’il ne s’agira pas simplement de pincer l’ado joueur qui s’est introduit dans le réseau de la Maison Blanche pour y laisser une cybercarte de visite...
Qu’on ne nous prenne pas pour des naïfs. Il s’agit bel et bien de préparer la guerre du 21° siècle, celle qui mettra une nation entière à genoux le temps d’un clic, en paralysant ses communications, coupant l’électricité, envoyant des directives farfelues à tous ceux qui ont pour consigne d’obéir à leur écran de portable...
Chaque responsable militaire sur la planète (sauf ceux qui rêvent d’avoir ne serait-ce qu’un camion en état de marche) sait que celui qui contrôlera les réseaux informatiques de l’adversaire le mettra à terre sans lever le petit doigt. L’armée de Chine Populaire vient de mener, fin octobre, un exercice interarmées nommé "West China 2009". Cet exercice fut, selon elle, un succès. Il consistait, entre autres, à faire manœuvrer ces unités en ambiance "guerre électronique".
C’est à dire à pouvoir communiquer et utiliser son matériel malgré les tentatives de l’ennemi de brouiller les signaux, d’en envoyer de faux, de prendre le contrôle de centres de commandes, etc... C’est dire que la paranoïa informatique est en train de supplanter partout sur la planète le vieux fantasme du film « Docteur Folamour », où des bombardiers nucléaires sont suivis à la trace sur des écrans géants (tiens, déjà..). Espérons que ça ne finira pas aussi mal... Parce que la deuxième chose qui me titille, c’est que quand on fait un centre capable de prévoir, de contrer, d’ « atténuer l’impact » d’attaques de cyber-pirates, on se donne des moyens qui, forcément, incluent le croisement total de tous les fichiers existants, le filtrage des courriels et de toutes les communications électroniques avec de puissants algorithmes de recherche sémantique qui propulsera votre courrier sous les yeux de la toute puissante National Sécurity Agency si jamais vous avez le malheur d’écrire à votre mère que l’Afghanistan est un pays fascinant...
Bon, comme toujours, j’ai gardé le meilleur pour la fin : En cas de danger imminent pour la sécurité intérieure, le Président des États-Unis pourrait bientôt avoir tout pouvoir sur les réseaux de télécommunications les plus critiques, y compris ceux appartenant aux sociétés privées, grâce à un projet de loi déposé par le sénateur démocrate Jay Rockefeller.
En clair, le président des États-Unis pourrait avoir tout pouvoir sur l’internet américain. Intéressant, non ?
Au fait, juste une dernière question, pour la route : quel est le degré de dépendance de l’internet français vis à vis du réseau américain ?

